
Le coulage d’une dalle béton sur vide sanitaire constitue une étape cruciale dans la construction moderne, particulièrement pour les maisons individuelles et les bâtiments nécessitant une protection contre l’humidité. Cette technique offre des avantages considérables en termes d’isolation thermique, d’accessibilité aux réseaux et de protection contre les remontées capillaires. La réalisation d’une dalle sur vide sanitaire demande une expertise technique pointue et le respect de normes strictes pour garantir la durabilité et la performance de l’ouvrage. Les professionnels du bâtiment doivent maîtriser chaque phase de cette opération complexe, depuis la préparation du support jusqu’aux finitions techniques.
Préparation technique du vide sanitaire avant coulage de dalle béton
La préparation du vide sanitaire constitue la phase fondamentale qui détermine la qualité finale de votre dalle béton. Cette étape nécessite une attention particulière aux détails techniques et aux normes de construction en vigueur. Une préparation minutieuse garantit l’étanchéité, la stabilité et la longévité de l’ensemble de la structure.
Contrôle de l’étanchéité des murs périphériques et remontées capillaires
L’inspection des murs périphériques du vide sanitaire représente un prérequis essentiel avant tout coulage de béton. Les professionnels vérifient l’état des fondations, l’absence de fissures et la qualité de l’étanchéité verticale. Cette vérification inclut le contrôle des coupures de capillarité au niveau des murs de soubassement et l’examen des joints de construction.
Les remontées capillaires constituent l’ennemi principal des dalles sur vide sanitaire. L’installation d’une membrane d’étanchéité périphérique et la vérification des amorces d’étanchéité permettent de prévenir ces désordres. Le traitement préventif des murs par injection ou application d’enduits hydrofuges renforce cette protection.
Installation du hérisson drainant en granulats concassés 20/40
Le hérisson drainant forme la couche de base indispensable à la répartition des charges et à l’évacuation des eaux. Les granulats concassés 20/40 offrent une granulométrie optimale pour assurer un drainage efficace tout en fournissant une plateforme stable. L’épaisseur recommandée varie entre 10 et 15 centimètres selon les contraintes du terrain.
La mise en place du hérisson nécessite un compactage soigné par passes successives. Chaque couche de 5 centimètres maximum doit être compactée à l’aide d’une plaque vibrante ou d’un rouleau vibrant léger. Cette technique garantit une densité homogène et évite les tassements différentiels qui pourraient affecter la planéité de la dalle.
Mise en place du polyane 200 microns avec recouvrements étanchéifiés
Le film polyéthylène de 200 microns constitue la barrière anti-vapeur essentielle entre le hérisson et la dalle béton. Son installation demande une précision technique particulière pour éviter les perforations et assurer l’étanchéité complète du système. Les lés doivent être déroulés avec soin en évitant les plis et les tensions excessives.
Les recouvrements entre lés respectent une largeur minimale de 20 centimètres et sont systématiquement étanchéifiés par collage à l’adhésif spécialisé. Les remontées périphériques dépassent de
15 à 20 centimètres sur les murs de soubassement de manière à créer une véritable cuvette étanche. Cette remontée est ensuite protégée par une planelle, un isolant ou un relevé de mortier afin d’éviter toute déchirure lors de la pose des armatures et du coulage du béton. Une attention particulière est portée aux passages de gaines et de canalisations, qui doivent être soigneusement manchonnés et scotchés pour conserver la continuité du pare-vapeur.
En cas de percement accidentel du polyane, il est impératif de procéder à une réparation immédiate par pose d’un patch de même nature, débordant d’au moins 20 centimètres autour de la zone endommagée. Négliger cette étape reviendrait à laisser des « ponts » d’humidité potentiels entre le hérisson et la dalle béton sur vide sanitaire. Vous l’aurez compris, la performance globale de la dalle dépend en grande partie de la qualité de cette barrière anti-remontées d’humidité.
Positionnement des gaines techniques et fourreaux de passage
Avant de couler une dalle béton sur vide sanitaire, le positionnement des gaines techniques et des fourreaux conditionne la facilité d’exploitation future du bâtiment. Les alimentations en eau, électricité, télécommunications, ainsi que les évacuations gravitaires doivent être soigneusement tracées sur plan et reportées sur le terrain. On cherche à anticiper les besoins de la maison pour éviter d’avoir à carotter la dalle ultérieurement, opération coûteuse et génératrice de désordres.
Les fourreaux sont généralement réalisés en tubes PVC ou PEHD, dimensionnés selon les prescriptions normatives (diamètre minimal, rayon de courbure, profondeur de réservation). Ils traversent les murs de soubassement au-dessus du niveau des eaux de ruissellement et sont colmatés avec un mortier hydrofuge ou une mousse PU pour empêcher les infiltrations. À l’intérieur du vide sanitaire, ces gaines sont disposées avec une pente correcte pour les évacuations et fixées sur des supports ou cales afin de rester parfaitement en place lors du coulage.
Pour protéger le film polyane, il est recommandé de poser les gaines sur un lit de sable fin ou sur des plaques de répartition, plutôt que de les laisser directement en contact avec les granulats concassés. Les croisements de réseaux sont limités au maximum pour ne pas créer de surépaisseurs localisées qui compliqueraient le réglage de la dalle béton. Une bonne pratique consiste à photographier et à archiver l’implantation des réseaux avant coulage : cette « radiographie » du vide sanitaire facilite toute intervention ultérieure.
Calcul dimensionnel et ferraillage structural de la dalle sur vide sanitaire
Une dalle béton sur vide sanitaire ne se résume pas à une simple chape coulée sur un support stable. Elle constitue un élément structurel à part entière, participant à la reprise et à la répartition des charges vers les appuis que sont les murs de refend, les poutrelles ou les longrines. Son dimensionnement doit donc respecter les normes en vigueur, notamment l’Eurocode 2 pour le béton armé, afin de garantir la sécurité et la durabilité de l’ouvrage. C’est ici que l’intervention d’un bureau d’études structure (BET) prend tout son sens, surtout pour les bâtiments à usage intensif.
Détermination de l’épaisseur selon la portée et charges d’exploitation
L’épaisseur d’une dalle de béton sur vide sanitaire varie généralement entre 12 et 20 centimètres pour les habitations individuelles, mais peut être supérieure pour des locaux techniques ou industriels. Comment la déterminer de manière fiable ? On prend en compte les portées entre appuis (murs, poutrelles, poutres), les charges permanentes (poids propre de la dalle, cloisons, revêtements de sol) et les charges d’exploitation (occupation, mobilier, équipement). Les textes réglementaires, comme l’Eurocode 1, définissent des valeurs de charges admissibles en fonction de la destination des locaux.
Par exemple, pour un plancher de maison individuelle, on considère souvent une charge d’exploitation de l’ordre de 150 à 200 kg/m². Pour des locaux de stockage ou des garages, cette valeur peut monter à 500 kg/m² voire davantage. L’ingénieur structure utilise ces données pour calculer le moment fléchissant maximal et le dimensionnement de la dalle. Une analogie simple consiste à voir la dalle comme un pont : plus la distance entre les piles est grande et plus le trafic est lourd, plus l’ouvrage doit être épais et armé.
Dans la pratique, de nombreux constructeurs adoptent des épaisseurs « usuelles » validées par calculs types pour des configurations standard (dalles de 15 cm pour planchers courants, 18 à 20 cm pour garages avec véhicules légers). Il ne faut toutefois pas céder à la tentation du surdimensionnement systématique, qui alourdit le coût et l’empreinte carbone du chantier. Un dimensionnement optimisé, basé sur des hypothèses réalistes, reste la meilleure approche pour une dalle béton sur vide sanitaire performante et économique.
Calcul des armatures longitudinales et transversales selon eurocode 2
Le ferraillage d’une dalle sur vide sanitaire répond à des règles strictes issues de l’Eurocode 2, qui encadre la conception des structures en béton armé. Les armatures longitudinales et transversales sont calculées pour reprendre les efforts de flexion et de traction, mais aussi pour limiter l’ouverture des fissures. Plus les moments fléchissants sont importants, plus la section d’acier nécessaire augmente, dans le respect des taux minimaux et maximaux d’armatures imposés par la norme.
On distingue généralement l’armature de la nappe inférieure, qui travaille en traction lorsque la dalle est sollicitée vers le bas, et l’armature supérieure, qui intervient notamment au droit des appuis et des encastrements. Les efforts n’étant pas uniformes sur toute la surface, le ferraillage peut être localement renforcé dans les zones les plus sollicitées (zones d’appuis, trémies, passages de charges concentrées). C’est un peu comme dans un tissu : plus les fils sont rapprochés et résistants, plus l’ensemble du textile supporte les contraintes.
Dans le cadre d’une maison individuelle, ces calculs peuvent être simplifiés grâce à des abaques ou des logiciels dédiés, mais ils ne doivent jamais être improvisés. Le ratio acier/béton, l’enrobage minimal des aciers (généralement 3 à 4 centimètres au-dessus du pare-vapeur) et la répartition des barres doivent être conformes aux prescriptions du BET. En cas de doute, faire vérifier le plan de ferraillage permet d’éviter les fissurations excessives, les flèches inadmissibles ou, dans les cas extrêmes, le risque de rupture.
Positionnement des treillis soudés ST25 ou ST30 avec recouvrements
Pour les dalles pleines sur vide sanitaire, les treillis soudés de type ST25 ou ST30 constituent une solution courante d’armature distribuée. Ces treillis sont composés de barres en acier à haute adhérence, soudées entre elles pour former un réseau quadrillé. Le choix entre ST25 et ST30 dépend principalement de l’épaisseur de la dalle, des charges et des préconisations du bureau d’études. Une dalle béton maison individuelle sera souvent armée en ST25C, tandis que des zones plus sollicitées pourront nécessiter du ST30.
Le positionnement des panneaux de treillis soudés doit respecter des règles de recouvrement : on prévoit en général un recouvrement d’au moins 30 fois le diamètre des barres, soit 20 à 40 centimètres selon les cas. Les nappes sont ligaturées entre elles pour éviter tout écartement lors du coulage. Pour garantir le bon enrobage, les treillis sont posés sur des cales d’armature en plastique ou en béton (chaises, dés, cales fil), qui les maintiennent à la bonne hauteur par rapport au polyane.
Il est essentiel de vérifier que les treillis ne reposent pas directement sur le film polyane ou sur le hérisson, sous peine de se retrouver dans la zone comprimée de la dalle au lieu de la zone tendue. Autrement dit, l’acier ne pourrait plus jouer pleinement son rôle de reprise des efforts de traction. On veille aussi à ne pas marcher directement sur les treillis pour éviter les déformations localisées, en utilisant si besoin des planches de répartition pour circuler dans le vide sanitaire ou sur les banches de coffrage.
Renforcement périmétrique par aciers HA10 et HA12
Au-delà de l’armature répartie assurée par les treillis soudés, une dalle béton sur vide sanitaire nécessite souvent des renforts ponctuels, notamment en périphérie et au droit des murs de refend. Ces renforts sont réalisés à l’aide de barres en acier haute adhérence de diamètre 10 ou 12 millimètres (HA10, HA12), mises en œuvre en nappes ou en cadres. Leur rôle est de mieux reprendre les concentrations d’efforts et de limiter les risques de fissuration au niveau des rives et des angles.
Les aciers périmétriques sont disposés en continu le long des façades, généralement à quelques centimètres du bord de la dalle et enrobés conformément aux normes. Ils peuvent être disposés en barres droites ou en épingles, éventuellement connectées aux chaînages verticaux et horizontaux des murs de soubassement pour assurer une bonne continuité structurelle. On les trouve aussi en renfort autour des trémies d’escalier, des réservations techniques ou des charges concentrées (poteaux, cheminées).
Pour que ce ferraillage périphérique soit efficace, il doit être correctement ligaturé aux treillis soudés et maintenu à la bonne position grâce à des écarteurs et des cales. Un mauvais placement – trop haut ou trop bas dans la section de béton – réduit fortement sa capacité portante. En résumé, ces aciers HA10 et HA12 fonctionnent comme une ceinture de renfort autour de la dalle : ils stabilisent les bords, compensent les zones fragilisées et participent à la robustesse globale de votre dalle sur vide sanitaire.
Formulation et coulage du béton C25/30 sur vide sanitaire
Une fois le support préparé et le ferraillage en place, vient l’étape clé du coulage de la dalle béton sur vide sanitaire. Le choix de la formulation du béton, sa mise en œuvre et sa cure influencent directement la résistance mécanique finale, la durabilité et l’aspect de surface. Pour un plancher performant, on privilégie généralement un béton de classe C25/30, conforme aux exigences courantes de la construction résidentielle et compatible avec les sollicitations usuelles.
Dosage optimal du béton avec adjuvant plastifiant et superplastifiant
Le béton C25/30 correspond à une résistance caractéristique de 25 MPa à 28 jours en compression sur cylindre et 30 MPa sur cube. Pour atteindre cette performance, les centrales à béton réalisent un dosage précis en ciment, granulats, eau et adjuvants. Pour une dalle de maison individuelle, on utilise souvent un béton dosé autour de 300 à 350 kg de ciment par m³, avec une courbe granulométrique optimisée. Le rapport eau/ciment est soigneusement maîtrisé pour limiter la porosité et le retrait.
Les adjuvants plastifiants ou superplastifiants jouent un rôle majeur dans l’ouvrabilité du béton. Ils permettent d’obtenir une consistance fluide ou auto-plaçante sans augmenter la quantité d’eau, ce qui serait préjudiciable à la résistance finale. Sur un vide sanitaire peu accessible, cette fluidité contrôlée facilite le remplissage homogène de la dalle, réduit les efforts de mise en place et assure un bon enrobage des aciers. C’est un peu comme ajouter un lubrifiant dans un mécanisme : le mouvement devient plus souple sans altérer la solidité des pièces.
Dans certains cas, on peut également recourir à des adjuvants spécifiques : entraîneurs d’air pour améliorer la résistance au gel, retardateurs de prise en cas de températures élevées ou de coulage prolongé, ou encore accélérateurs pour des chantiers nécessitant une remise en service rapide. Le choix final doit se faire en concertation avec la centrale à béton et le maître d’œuvre, en tenant compte des conditions climatiques et logistiques du jour de coulage.
Technique de coulage par pompage avec tuyau souple putzmeister
Le coulage d’une dalle sur vide sanitaire s’effectue le plus souvent par pompage, à l’aide d’une pompe à béton équipée d’un tuyau souple, comme les systèmes couramment fournis par Putzmeister ou des équipements équivalents. Cette technique permet d’acheminer le béton depuis le camion-toupie jusqu’à la zone de coulage, même lorsque l’accès est difficile ou que le niveau du plancher est élevé. Elle réduit les manutentions manuelles, limite les risques de ségrégation et améliore la productivité du chantier.
Le tuyau souple est guidé par les opérateurs qui répartissent le béton de façon homogène sur l’ensemble de la surface à couler. On veille à éviter les chutes de grande hauteur, sources potentielles de ségrégation entre la pâte de ciment et les granulats. Un coulage progressif, par bandes successives, permet de limiter les reprises de bétonnage et d’assurer une bonne continuité de la dalle. Vous vous demandez comment garder une épaisseur régulière ? Des repères de niveau (pigots, cordex, lasers) sont mis en place avant l’arrivée du béton et contrôlés en permanence.
Le pompage impose aussi quelques précautions : vérification de la pression maximale, purge du circuit avant coulage, nettoyage complet des tuyaux après utilisation. Sur le plan de la sécurité, les équipes sont équipées de protections individuelles et respectent une distance de sécurité vis-à-vis de la flèche de pompage. Un bon dialogue entre le chauffeur de la pompe, la centrale et le chef de chantier est indispensable pour adapter le débit et la cadence de livraison.
Règlage à la règle vibrante et talochage mécanique bartell
Une fois le béton déversé sur le vide sanitaire, le réglage de la surface s’effectue à l’aide d’une règle vibrante, qui permet à la fois de niveler la dalle et de chasser l’air emprisonné. Cette étape, souvent sous-estimée, conditionne pourtant la planéité et la densité du béton de surface. La règle vibrante est guidée sur des appuis ou des rails préalablement réglés au laser, ce qui garantit le respect de la cote finie sur l’ensemble du plancher.
Après le règlement, un talochage mécanique, réalisé par exemple avec une talocheuse de marque Bartell ou équivalente, vient affiner la finition et fermer la surface du béton. Cette opération, comparable au lissage d’un enduit, améliore la compacité de la peau de béton, limite la porosité en surface et prépare le support à recevoir un revêtement ultérieur (chape fluide, carrelage, parquet, résine). Le moment d’intervention est crucial : trop tôt, la machine risque de déformer la surface ; trop tard, elle ne parviendra plus à corriger les défauts.
Selon le niveau de finition souhaité, on peut réaliser un ou plusieurs passages de talochage, voire un surfaçage complémentaire pour des locaux techniques. Il est important de ne pas « surtravailler » le béton, au risque de faire remonter trop de laitance en surface, ce qui fragiliserait la couche d’usure. Comme souvent sur les chantiers de dalles béton sur vide sanitaire, l’expérience de l’équipe en place fait la différence entre un plancher moyen et un support parfaitement plan et homogène.
Application de produit de cure antisol ou bâchage étanche
La cure du béton est une phase souvent négligée, alors qu’elle conditionne le développement optimal des résistances mécaniques et la limitation du retrait. Pour une dalle sur vide sanitaire, on recommande l’application d’un produit de cure de type Antisol ou équivalent, pulvérisé uniformément dès que la surface commence à tirer. Ce produit forme un film mince qui ralentit l’évaporation de l’eau nécessaire à l’hydratation du ciment, surtout en conditions chaudes ou venteuses.
À défaut de produit de cure, ou en complément, un bâchage étanche à l’aide de polyane ou de bâches spécifiques peut être mis en place sur toute la surface du plancher. Les recouvrements sont soigneusement lestés pour éviter toute prise au vent et les bords sont serrés contre les rives de dalle. Cette technique maintient une hygrométrie favorable dans les premières 48 à 72 heures, période critique pour la prise du béton. On peut comparer cela à une serre qui protège de jeunes plants : sans cette protection, le risque de dessiccation et de fissuration précoce augmente.
Il est conseillé de protéger la dalle de tout choc, surcharge ponctuelle ou circulation lourde tant que le béton n’a pas atteint une résistance suffisante, généralement au bout de 7 jours pour un usage modéré, et 28 jours pour sa résistance nominale. Des contrôles visuels réguliers permettent de détecter d’éventuelles microfissures de retrait plastique ou de séchage, qui pourront être surveillées ou traitées lors des étapes suivantes.
Isolation thermique et finitions techniques de la dalle béton
Une dalle béton sur vide sanitaire ne se limite plus aujourd’hui à un simple support structurel : elle joue également un rôle clé dans la performance énergétique du bâtiment. Les réglementations thermiques successives, de la RT 2012 à la RE2020, imposent une attention particulière aux déperditions par le plancher bas et à la limitation des ponts thermiques. L’isolation de la dalle et le choix des finitions techniques participent donc directement au confort intérieur et à la réduction des consommations de chauffage.
Selon la configuration du projet, l’isolation peut être positionnée au-dessus de la dalle (isolation sous chape flottante), intégrée dans l’épaisseur du plancher (hourdis isolants, rupteurs thermiques) ou réalisée en sous-face de dalle dans le vide sanitaire accessible. Chaque solution présente des avantages et des contraintes en termes de performance, de coût et de mise en œuvre. L’objectif reste le même : limiter les échanges thermiques entre l’intérieur chauffé et le volume ventilé du vide sanitaire, souvent plus froid et humide.
En partie courante, on utilise fréquemment des panneaux de polystyrène extrudé (XPS), de laine minérale haute densité ou de polyuréthane, posés sur la dalle avant coulage d’une chape de ravoirage ou d’une chape de finition. Des rupteurs de ponts thermiques sont installés en périphérie et au droit des refends pour limiter les transferts de chaleur par les liaisons plancher/murs. Pour les maisons à ossature bois, la dalle béton sur vide sanitaire est parfois coulée sans planelle pour permettre la fixation directe de la lisse basse, avec un traitement soigné des interfaces pour éviter les ponts thermiques.
Les finitions techniques comprennent également la préparation du support pour les revêtements de sol : ragréage, chape fluide, chape anhydrite ou mortier traditionnel selon le type de revêtement prévu (carrelage, parquet, sol souple, résine). On veillera à respecter les délais de séchage du béton et des chapes, ainsi qu’à contrôler la planéité et l’humidité résiduelle avant la pose. Enfin, les joints de dilatation et de fractionnement sont disposés conformément aux recommandations des fabricants pour accompagner les mouvements différentiels sans fissuration des revêtements.
Contrôles qualité et réception des travaux de dallage
La qualité d’une dalle béton sur vide sanitaire ne se juge pas uniquement à l’œil nu le jour du coulage. Elle résulte d’un ensemble de contrôles réalisés tout au long du chantier, puis lors de la réception des travaux. Ces vérifications, documentées dans un dossier d’exécution, permettent de s’assurer que la dalle répond bien aux exigences structurelles, thermiques et fonctionnelles définies au départ. Elles constituent aussi une base précieuse en cas de litige ou d’expertise ultérieure.
Parmi les contrôles les plus courants, on retrouve la vérification de la conformité du ferraillage (type de treillis soudé, diamètre et position des aciers HA, recouvrements, enrobage), souvent réalisée avant coulage avec un visa du maître d’œuvre ou du bureau de contrôle. Des essais de béton frais (consistance au cône d’Abrams, température, temps de prise) et durci (écrasement d’éprouvettes à 7 et 28 jours) peuvent être exigés sur les chantiers les plus sensibles. Ils confirment que le béton C25/30 livré et mis en œuvre atteint bien la résistance spécifiée.
Après durcissement, des contrôles de planéité (règle de 2 m, niveau laser), d’épaisseur (carottages ponctuels, relevés au niveau des réservations) et d’aspect de surface sont réalisés. On s’assure également de l’absence de fissures anormales, de faïençage important ou de défauts majeurs (nids de gravier, zones de ségrégation). En cas de non-conformité, des solutions correctives peuvent être demandées à l’entreprise : ponçage, ragréage, reprise de zones localisées, voire réfection partielle dans les cas extrêmes.
La réception des travaux de dallage s’accompagne généralement de la remise des documents suivants : plans d’exécution à jour, fiches techniques des matériaux (béton, adjuvants, produits de cure, isolants), procès-verbaux d’essais, certificats de conformité aux normes en vigueur. Pour le maître d’ouvrage, ces éléments constituent une garantie supplémentaire sur la qualité du plancher bas et facilitent la maintenance future. Ils sont d’autant plus précieux que la dalle sur vide sanitaire sera ensuite en grande partie masquée par les finitions et les revêtements.
Pathologies courantes et solutions correctives pour dalles sur vide sanitaire
Malgré le respect des bonnes pratiques, une dalle béton sur vide sanitaire peut présenter, au fil du temps, certaines pathologies. Les plus fréquentes sont les fissurations, les désordres liés à l’humidité, les déformations excessives ou les défauts d’adhérence des revêtements de sol. Comprendre leurs origines permet de mettre en œuvre des solutions correctives adaptées et, surtout, de prévenir leur apparition sur les futurs chantiers.
Les fissures superficielles de retrait, souvent en toile d’araignée, sont généralement sans gravité structurelle mais peuvent poser problème pour la pose de revêtements sensibles. Elles résultent d’un séchage trop rapide ou d’une cure insuffisante. Dans ce cas, des traitements de surface (résines, mortiers de réparation, ragréages fibrés) permettent de stabiliser le support. En revanche, des fissures franches, traversantes ou localisées au droit des appuis ou des refends peuvent révéler un défaut de dimensionnement, un tassement différentiel ou un ferraillage insuffisant.
Les désordres liés à l’humidité (remontées capillaires, condensation dans le vide sanitaire, moisissures en pied de cloisons) sont souvent liés à une barrière anti-vapeur déficiente, à un hérisson non drainant ou à une ventilation insuffisante du vide sanitaire. Les solutions passent par la reprise de l’étanchéité périphérique, la mise en place de drains, l’amélioration de l’aération (grilles, trappes, VMC adaptée) et, dans certains cas, par des traitements hydrophobes ou des systèmes de résine époxy en sous-face ou en surface.
Les déformations excessives de la dalle (flèches, affaissements localisés) sont plus rares sur des maisons individuelles, mais peuvent survenir en cas de surcharge non prévue ou de sous-dimensionnement. Un diagnostic structurel réalisé par un ingénieur permet alors d’évaluer le niveau de risque et de proposer des renforcements (poteaux, poutres secondaires, reprise en sous-œuvre). Enfin, les problèmes d’adhérence des revêtements (carrelage qui sonne creux, parquet qui se décolle) trouvent souvent leur origine dans un support mal préparé, trop humide ou insuffisamment plan : un contrôle rigoureux avant la pose reste la meilleure prévention.
En anticipant ces pathologies courantes et en appliquant les règles de l’art à chaque étape – depuis la préparation du vide sanitaire jusqu’à la cure du béton et aux finitions – vous maximisez les chances d’obtenir une dalle béton sur vide sanitaire durable, performante et confortable. Ce plancher bas, souvent invisible une fois la maison achevée, n’en demeure pas moins l’un des éléments structurants les plus importants de votre construction.