
La construction d’une terrasse surélevée en parpaing représente une solution technique particulièrement prisée pour valoriser les espaces extérieurs, notamment sur les terrains en pente ou lorsqu’un niveau de plain-pied avec l’habitation est souhaité. Cette technique de construction, héritée des savoir-faire traditionnels de la maçonnerie, offre une robustesse exceptionnelle et une durabilité à toute épreuve. Les parpaings, également appelés blocs de béton manufacturé, constituent la structure portante idéale pour supporter les charges importantes d’une terrasse, qu’elle soit destinée à recevoir du mobilier lourd, un spa ou simplement à créer un espace de vie extérieur confortable. L’approche technique de ce type de réalisation nécessite une compréhension approfondie des règles de l’art en matière de maçonnerie et de structure.
Dimensionnement et calculs de charge pour une terrasse surélevée en parpaing
Le dimensionnement d’une terrasse surélevée en parpaing constitue l’étape fondamentale qui conditionne la pérennité et la sécurité de l’ouvrage. Cette phase d’étude technique doit impérativement précéder tout commencement de travaux pour garantir une structure adaptée aux sollicitations prévues. Les calculs de charge s’appuient sur des méthodes éprouvées et des référentiels normatifs stricts qui encadrent la construction de ce type d’ouvrage.
Calcul des charges permanentes et surcharges d’exploitation selon DTU 20.1
Le Document Technique Unifié 20.1 définit précisément les méthodes de calcul des charges pour les ouvrages en maçonnerie. Les charges permanentes incluent le poids propre de la structure en parpaing, estimé à environ 1800 kg/m³ pour des blocs creux standard, ainsi que le poids des éléments de couverture et de finition. Une dalle de compression de 5 cm d’épaisseur ajoute environ 125 kg/m² à l’ensemble. Les surcharges d’exploitation, quant à elles, sont généralement fixées à 350 kg/m² pour une terrasse accessible, valeur qui peut être majorée selon l’usage prévu.
L’évaluation précise de ces charges permet de déterminer les contraintes exercées sur la structure porteuse. Un coefficient de sécurité de 1,35 pour les charges permanentes et 1,5 pour les surcharges d’exploitation doit être appliqué conformément à l’Eurocode 0. Cette approche garantit une marge de sécurité suffisante pour absorber les variations de sollicitations et les imprévus de chargement.
Détermination de la portée maximale des poutrelles béton ou acier
La portée des poutrelles constitue un paramètre critique dans le dimensionnement de la structure. Pour des poutrelles béton précontraint de 12 cm de hauteur, la portée maximale recommandée n’excède généralement pas 4,50 mètres sans appui intermédiaire. Cette limitation s’explique par les phénomènes de flèche qui peuvent compromettre l’intégrité des revêtements de finition. Les poutrelles acier offrent des portées supérieures, pouvant atteindre 6 mètres pour des profilés IPE 140, mais leur coût reste significativement plus élevé.
Le calcul de la flèche admissible, fixée au 1/300ème de la portée pour les terrasses, guide le choix du système porteur. Cette contrainte impose souvent l’installation d’appuis intermédiaires sous forme de poutres ou de murs de refend lorsque les dimensions de la terrasse dépassent
certaines portées usuelles ou lorsque la terrasse doit recevoir des charges concentrées importantes (jacuzzi, mur de verre, pergola lourde). Dans la pratique, il est donc fréquent de réduire l’entraxe des poutrelles ou de créer des murs de refend en parpaing pour limiter la portée libre et maîtriser les déformations. Cette optimisation permet de conserver une terrasse surélevée en parpaing rigide, durable et confortable à l’usage, sans vibration ni sensation de souplesse sous les pas.
Analyse géotechnique du sol porteur et étude de stabilité
Avant même de tracer l’implantation des murs en parpaing, une analyse géotechnique du sol porteur est vivement recommandée, voire obligatoire pour les terrasses surélevées de grande hauteur. Cette étude, réalisée selon l’Eurocode 7, identifie la nature du terrain (argileux, limoneux, rocheux, remblai hétérogène, etc.) et sa capacité portante. Un sol argileux sensible au retrait-gonflement n’offrira pas les mêmes garanties de stabilité qu’un grave compact ou un substrat rocheux affleurant. Sans ces données, dimensionner des fondations revient à construire à l’aveugle.
L’étude géotechnique fournit également des informations essentielles sur le niveau de la nappe phréatique, la présence éventuelle de couches organiques ou de remblais récents, et le risque de glissement pour les terrains en pente. Ces éléments orientent le choix de la profondeur des fondations, la largeur des semelles et l’éventuelle nécessité de créer un dispositif de drainage sous la terrasse. Pour une terrasse surélevée en parpaing adossée à une maison, l’objectif est d’assurer une stabilité équivalente à celle du bâti existant, afin d’éviter les mouvements différentiels et l’apparition de fissures.
On distingue généralement trois cas de figure : les sols dits « bons porteurs », acceptant des semelles filantes classiques de 40 à 50 cm de largeur ; les sols moyennement porteurs, nécessitant une augmentation de la largeur ou de la hauteur des semelles ; et les sols médiocres, pour lesquels des solutions spécifiques (micropieux, semelles élargies, renforcement par empierrement compacté) doivent être envisagées. Dans le doute, mieux vaut faire valider le projet par un bureau d’études structure ou un ingénieur, surtout lorsque la terrasse dépasse 1,20 m de hauteur ou 20 m² de surface.
Dimensionnement des fondations selon l’eurocode 7
Le dimensionnement des fondations d’une terrasse surélevée en parpaing se fait conformément à l’Eurocode 7 (NF EN 1997), qui encadre les calculs de stabilité des ouvrages géotechniques. Concrètement, il s’agit de vérifier que les contraintes transmises au sol par les semelles restent inférieures à la résistance admissible du terrain, en appliquant des coefficients partiels de sécurité. Pour une terrasse surélevée standard, on opte le plus souvent pour des semelles filantes sous les murs périphériques, avec une profondeur hors gel adaptée à la région (50 à 80 cm en moyenne en France métropolitaine).
La largeur des semelles est ajustée en fonction des charges reprises par les murs en parpaing et de la portance du sol. Par exemple, sur un terrain de portance moyenne (1,5 à 2 bars), une semelle de 50 cm de large et 25 cm d’épaisseur, armée par deux lits de fers HA, suffira généralement pour une terrasse courante. Sur terrain plus faible, on pourra augmenter la largeur à 60 ou 70 cm pour diminuer les contraintes au sol. Le béton sera dosé à 350 kg/m³ minimum pour garantir une bonne résistance en compression et une durabilité face aux cycles gel/dégel.
Un point souvent négligé concerne le chaînage entre les différentes semelles et la liaison avec la maison. Dans la majorité des cas, il est préférable de désolidariser la terrasse de la structure existante par un joint de dilatation de 2 cm, comblé par un matériau compressible ou un mastic souple. Cette disposition limite la transmission des mouvements différentiels et évite les fissures entre la terrasse surélevée en parpaing et la façade. Les aciers d’armature des semelles seront soigneusement positionnés à 4 ou 5 cm de l’enrobage béton pour se prémunir de la corrosion.
Choix et spécifications techniques des parpaings pour structure porteuse
Le choix des blocs de béton conditionne directement la solidité et la durabilité de la terrasse surélevée. Tous les parpaings ne se valent pas, et il est crucial de sélectionner des éléments conformes aux normes en vigueur (NF EN 771-3) et adaptés à un usage structurel. Une terrasse en hauteur n’est pas un simple muret décoratif : elle reprend des charges importantes et doit résister aux intempéries, aux chocs thermiques et à l’humidité. C’est pourquoi on privilégie des parpaings porteurs de classe mécanique suffisante, associés à un mortier adapté et à un chaînage soigné.
Parpaings creux 20x20x50 cm classe B40 pour murs de soutènement
Pour les murs porteurs d’une terrasse surélevée en parpaing, le bloc creux de format 20x20x50 cm en classe B40 constitue le standard. Cette classe correspond à une résistance en compression minimale de 4 MPa, suffisante pour la majorité des ouvrages de maçonnerie courants. Ces parpaings, posés à joints croisés et montés au mortier, forment des voiles de soutien capables de reprendre les charges verticales du plancher et les poussées horizontales dues au remblai éventuel derrière le mur.
Leur format permet une mise en œuvre relativement rapide tout en limitant le nombre de joints verticaux, toujours sensibles aux infiltrations. Pour les zones fortement exposées ou pour des hauteurs importantes, il est possible d’alterner des blocs creux classiques avec des blocs d’angle ou spécifiques pour chaînages, afin de faciliter l’intégration des aciers horizontaux et verticaux. Les alvéoles des parpaings peuvent également être ponctuellement remplies de béton armé pour créer des points de renfort localisés sous les appuis des poutrelles ou des poteaux.
Une attention particulière doit être portée à la planéité et à l’alignement des assises successives. Un défaut de niveau sur les derniers rangs se traduira par des difficultés lors de la pose du plancher et du revêtement de la terrasse surélevée. Dans la pratique, on contrôle chaque rangée au niveau laser ou au niveau à bulle sur règle de maçon, et l’on rectifie si besoin avec un mortier de réglage. Un mur en parpaings B40 bien monté, correctement chaîné et protégé en tête, offre une base robuste pour tout type de finition : carrelage, bois ou pierre naturelle.
Parpaings à bancher pour réalisation de poteaux renforcés
Dès que la terrasse surélevée atteint une certaine hauteur ou que la topographie impose des portées importantes, l’utilisation de parpaings à bancher devient particulièrement intéressante. Ces blocs en forme de U ou d’étrier sont conçus pour être remplis de béton armé, formant ainsi des poteaux ou voiles fortement résistants. Ils sont idéaux pour créer des jambages sous les poutres principales, des renforts aux angles de la terrasse ou des points d’appui pour un escalier béton.
Le principe est simple : on met en place un ferraillage vertical (aciers HA10 ou HA12 selon les calculs), relié aux armatures des semelles de fondation, puis on assemble les parpaings à bancher à sec, en veillant à un bon emboîtement. Une fois le coffrage naturel constitué par les blocs, on coule un béton fluide, vibré ou au moins tippé à la tige pour assurer un bon enrobage des aciers. On obtient ainsi un poteau monolithique, parfaitement intégré à la maçonnerie de la terrasse surélevée.
Ces éléments sont particulièrement recommandés pour les terrasses de plus de 1,50 m de haut ou pour les structures supportant des charges ponctuelles élevées (piliers de pergola, garde-corps lourds, murs de soutènement partiels). Ils améliorent la rigidité globale de l’ouvrage et limitent les risques de déformation ou de fissuration en cas de mouvement différentiel du sol. En complément des murs en parpaings creux, les parpaings à bancher permettent de composer une structure mixte, à la fois économique et hautement performante.
Mortier de montage M5 et compatibilité thermique
Le mortier de montage joue un rôle clé dans la cohésion de la maçonnerie. Pour une terrasse surélevée en parpaing, on utilise généralement un mortier de type M5, dosé à environ 350 kg de ciment par m³ de sable, offrant une résistance suffisante aux efforts de compression et de cisaillement. Ce mortier est appliqué en joints horizontaux de 10 à 12 mm d’épaisseur, tandis que les joints verticaux sont également remplis pour garantir une bonne continuité mécanique et limiter les chemins d’infiltration d’eau.
La compatibilité thermique entre le parpaing et le mortier est importante : ces deux matériaux doivent présenter des coefficients de dilatation proches afin d’éviter l’apparition de microfissures au fil des cycles de gel et de dégel. C’est pourquoi on privilégie des liants hydrauliques classiques (ciment CEM II ou CEM III) plutôt que des mortiers trop « riches » ou modifiés de manière excessive. Sur les zones exposées aux intempéries, un soin particulier est apporté au serrage des joints et au talochage des faces apparentes pour limiter la porosité.
Une mise en œuvre par temps trop chaud ou trop sec pourra nécessiter un léger humidification des blocs avant montage, afin d’éviter un pompage excessif de l’eau de gâchage et un dessèchement prématuré du mortier. De même, les travaux de maçonnerie seront idéalement évités en période de gel, ou protégés par des bâches et des couvertures isolantes. Un mortier correctement préparé et mis en œuvre assure non seulement la stabilité de la terrasse surélevée en parpaing, mais aussi sa bonne tenue esthétique avant l’application des finitions (enduit, bardage, parement pierre).
Système de chaînage horizontal et vertical avec aciers HA
Le chaînage est l’ossature invisible qui solidarise l’ensemble de la structure en parpaing. Sans lui, une terrasse surélevée serait vulnérable aux fissures, aux tassements différentiels et aux poussées latérales. On distingue le chaînage horizontal, réalisé en tête de mur et parfois à mi-hauteur sur les grandes élévations, et le chaînage vertical, disposé dans les angles, les retours de murs et aux points singuliers. Ces chaînages sont constitués de barres d’acier haute adhérence (HA) de diamètre 8 à 12 mm, intégrées dans des blocs en U ou des parpaings spécifiques, puis noyées dans un béton dosé à 350 kg/m³.
Le chaînage horizontal en couronnement de mur a une double fonction : il ceinture la terrasse surélevée en parpaing et sert de support plan à la structure de plancher (poutrelles, dalle ou solivage bois). Il doit être parfaitement de niveau et continu sur tout le pourtour. Les chaînages verticaux, quant à eux, reprennent les efforts de traction et de flexion dus au vent, au tassement du sol ou à la poussée des terres. Ils sont ancrés dans les semelles de fondation et reliés au chaînage horizontal, formant un « squelette » tridimensionnel cohérent.
Pour une mise en œuvre correcte, les recouvrements d’armatures seront respectés (en général 40 fois le diamètre de la barre) et les aciers seront maintenus sur cales pour assurer un enrobage suffisant. Ce réseau de ferraillage, conforme aux prescriptions de l’Eurocode 2, garantit à la terrasse surélevée en parpaing un comportement monolithique, limitant au maximum les désordres structurels à long terme. Une fois ce squelette en place, la maçonnerie et le plancher peuvent être réalisés en toute sérénité.
Réalisation des fondations et infrastructure de la terrasse surélevée
La phase de fondations et d’infrastructure matérialise tout le travail de conception réalisé en amont. Sur le terrain, on commence par l’implantation précise de la terrasse surélevée à l’aide de piquets et de cordeaux, en vérifiant l’équerrage et les cotes par rapport à la maison. Le terrassement est ensuite réalisé à la profondeur définie par l’étude géotechnique, en tenant compte de la profondeur hors gel locale. Le fond de fouille est soigneusement nivelé et compacté, puis une couche de forme en gravier peut être mise en place pour améliorer le drainage sous les semelles.
Les semelles filantes sont ensuite coffrées si nécessaire et armées selon les plans de ferraillage : deux à quatre barres longitudinales HA10 ou HA12, reliées par des cadres en fil machine. Le béton est coulé en une seule fois, vibré ou au moins soigneusement taloché pour chasser l’air et assurer un bon enrobage des aciers. Après un temps de prise suffisant (généralement 48 à 72 heures selon les conditions climatiques), on peut entamer le montage des premiers rangs de parpaings, en veillant à respecter les alignements et niveaux fixés par un niveau laser.
Dans certains cas, notamment sur terrains très en pente, il est nécessaire de réaliser des murs de soutènement en contrebas de la terrasse, ou de créer des paliers successifs. Ces ouvrages complémentaires doivent être dimensionnés avec la même rigueur que la structure principale, car ils reprennent les poussées des terres remblayées et contribuent directement à la stabilité de l’ensemble. Un drainage en pied de mur, constitué d’un drain perforé enveloppé de géotextile et recouvert de gravier, peut être mis en place pour évacuer l’eau d’infiltration et éviter les surpressions hydrauliques.
L’infrastructure comprend également les éventuelles réservations pour les réseaux (évacuation des eaux pluviales, alimentation électrique pour l’éclairage ou un spa, gaines pour la domotique extérieure). Ces passages doivent être anticipés dès le coulage des semelles et le montage des premiers rangs, afin de ne pas affaiblir les murs ultérieurement par des percements hasardeux. Une fois l’ensemble des fondations et de l’infrastructure en place, la terrasse surélevée en parpaing dispose d’une base saine et durable sur laquelle le gros œuvre peut se développer.
Montage des murs porteurs en parpaing avec ferraillage
Le montage des murs porteurs constitue le cœur du chantier d’une terrasse surélevée en parpaing. On démarre par le premier rang, posé sur les semelles préalablement nettoyées et éventuellement ragréées. Ce rang initial est monté avec un soin particulier, car il conditionne la verticalité et la planéité de toute l’élévation. Les blocs de départ sont réglés au niveau et au maillet caoutchouc, et les joints sont soigneusement garnis. Les blocs d’angle, souvent spécifiques, sont mis en place en premier pour servir de repères, puis les rangées intermédiaires sont complétées.
Au fur et à mesure de la montée des murs, le ferraillage vertical et horizontal est intégré selon le plan de structure : aciers HA dans les blocs d’angle, parpaings à bancher pour les poteaux, blocs en U pour les chaînages. Les jonctions entre les aciers des fondations et ceux des élévations sont réalisées avec des recouvrements conformes aux normes, ou à l’aide de barres d’attente. Les alvéoles destinées à être remplies de béton armé sont laissées libres de mortier, afin de permettre un remplissage continu et homogène lors du coulage.
On veillera également à ménager dès cette étape les réservations nécessaires pour les évacuations d’eau, les éventuels conduits techniques ou les ancrages de garde-corps. Il est conseillé, par exemple, de laisser des ouvertures ou de positionner des fourreaux à intervalles réguliers à la base des murs pour permettre l’écoulement des eaux pluviales éventuelles. Une mauvaise gestion de ces points singuliers peut conduire à des infiltrations et à des dégradations prématurées du revêtement de la terrasse surélevée.
Lorsque la hauteur de mur souhaitée est atteinte, on met en place le chaînage de couronnement. Les blocs en U sont posés à cheval sur les murs, les aciers horizontaux sont ligaturés et réglés sur cales, puis un béton de chaînage est coulé sur toute la périphérie. On obtient ainsi un « anneau » rigide, parfaitement horizontal, destiné à recevoir le plancher de la terrasse. Après un temps de prise suffisant du béton de chaînage, le support est prêt pour la mise en œuvre du plancher poutrelles-hourdis ou de toute autre solution porteuse envisagée.
Mise en œuvre du plancher et finitions de la terrasse
Une fois les murs en parpaing terminés et le chaînage de couronnement réalisé, la structure est prête à recevoir le plancher de la terrasse surélevée. Cette étape fait la jonction entre la partie purement structurelle et les futures finitions esthétiques. Le choix du type de plancher – poutrelles-hourdis béton, poutrelles avec entrevous polystyrène, ou encore solivage bois – dépend des performances recherchées en termes d’isolation, de poids propre et de budget. Pour une terrasse maçonnée classique, la solution poutrelles précontraintes et entrevous polystyrène est souvent privilégiée.
La mise en œuvre de ce plancher doit respecter scrupuleusement les prescriptions des fabricants et les règles professionnelles, afin d’assurer une bonne répartition des charges et d’éviter les désordres (fissures de carrelage, affaissements, bruits de structure). Une fois la dalle de compression coulée et séchée, la terrasse surélevée en parpaing bénéficie d’une plateforme solide et plane, qui pourra ensuite être protégée par une étanchéité et habillée par un revêtement adapté à l’extérieur. C’est également à ce stade que l’on prépare l’implantation des garde-corps, des escaliers et des éléments de confort (éclairage, points d’eau, prises électriques).
Pose de poutrelles précontraintes et entrevous polystyrène
La mise en place des poutrelles précontraintes débute par le traçage de leur implantation sur le chaînage de couronnement. Les poutrelles sont positionnées perpendiculairement au plus petit côté de la terrasse, avec un entraxe généralement compris entre 50 et 60 cm selon le type d’entrevous et les charges à reprendre. Elles sont posées sur un lit de mortier de réglage ou directement sur le béton de chaînage, en respectant une profondeur d’appui minimale de 3 à 5 cm. Un contrôle systématique du niveau est réalisé, car la planéité de la terrasse surélevée en dépend directement.
Entre les poutrelles viennent ensuite se loger les entrevous, souvent en polystyrène pour limiter le poids propre de la structure et améliorer l’isolation thermique. Ces éléments légers s’emboîtent aisément et assurent un coffrage perdu pour la future dalle de compression. Ils réduisent également les ponts thermiques entre la maison et la terrasse lorsque cette dernière est accolée au bâti existant. Dans les zones de forte sollicitation ou sous les cloisons, des entrevous béton peuvent être préférés pour augmenter la résistance mécanique.
Des armatures complémentaires (treillis de répartition, armatures de rives, renforts localisés) sont disposées conformément aux prescriptions du bureau d’études ou du fabricant de planchers. On met aussi en place des piges de niveau pour garantir l’épaisseur uniforme de la dalle de compression. Une fois ce « squelette » de plancher vérifié, la terrasse surélevée en parpaing est prête pour l’étape du coulage de la dalle.
Coulage de la dalle de compression avec treillis soudé
La dalle de compression assure la liaison monolithique entre les poutrelles, les entrevous et le chaînage de couronnement. Son épaisseur est généralement comprise entre 4 et 6 cm, armée par un treillis soudé de type ST25 ou équivalent. Le béton, dosé à 300 ou 350 kg/m³ selon les prescriptions, est coulé en une seule opération afin d’éviter les reprises de bétonnage et les joints froids. Il est tiré à la règle puis talocher pour obtenir une surface plane, présentant si nécessaire une légère pente (1 à 2 %) pour faciliter l’évacuation des eaux vers l’extérieur.
Pendant le coulage, une attention particulière est portée à la bonne répartition du béton autour des aciers et au remplissage complet des alvéoles de rive. Des vibrations légères ou un damage manuel peuvent être nécessaires pour chasser l’air emprisonné et éviter les nids de gravier. Une fois la mise en œuvre terminée, la terrasse surélevée en parpaing doit être protégée du soleil, du vent et de la pluie battante pendant les premières 48 heures, par bâchage ou arrosages légers, pour limiter le retrait de dessiccation et la fissuration superficielle.
Le temps de cure du béton est un paramètre à ne pas négliger : si l’on peut circuler prudemment sur la dalle après quelques jours, la résistance mécanique nominale n’est atteinte qu’au bout de 21 à 28 jours. Il est donc prudent de patienter avant d’installer les revêtements définitifs et les garde-corps lourds. Cette patience garantit une terrasse surélevée en parpaing durable, sans désordre prématuré et prête à recevoir les finitions étanches et esthétiques.
Étanchéité liquide polyuréthane ou membrane EPDM
Une fois la dalle de compression parfaitement sèche, l’étape suivante consiste à assurer l’étanchéité de la terrasse surélevée. Même si la structure en parpaing et béton est résistante à l’eau, les infiltrations répétées peuvent, à terme, dégrader les joints, les aciers et les finitions intérieures en dessous de la terrasse. Deux grandes familles de solutions sont couramment utilisées : les systèmes d’étanchéité liquide (SEL) à base de résine polyuréthane, et les membranes synthétiques de type EPDM ou PVC armé.
Les étanchéités liquides présentent l’avantage de s’adapter facilement aux formes complexes et aux relevés, en créant une membrane continue sans joints. Elles s’appliquent au rouleau ou à la spatule, après une préparation soignée du support (dépoussiérage, ragréage éventuel, primaire d’accrochage). Les membranes EPDM, quant à elles, sont particulièrement appréciées pour leur grande longévité et leur excellente résistance aux UV. Elles se posent en lés, collés ou lestés, avec des relevés sur les acrotères et les points singuliers soigneusement traités.
Dans les deux cas, il est indispensable de prévoir une pente minimale vers les points d’évacuation et de soigner les relevés le long des murs et autour des évacuations. Une attention spéciale sera portée aux zones de percements (pieds de garde-corps, platines métalliques, siphons) qui doivent être parfaitement étanchées à l’aide de pièces spécifiques ou de mastic compatible avec le système choisi. Une étanchéité bien conçue et correctement mise en œuvre est la garantie d’une terrasse surélevée en parpaing sereine pendant des décennies.
Revêtement carrelage extérieur antidérapant classe R11
Le revêtement final donne son esthétique et son confort à la terrasse surélevée. Le carrelage extérieur antidérapant de classe R11 constitue un choix particulièrement sécurisant, notamment autour d’une piscine ou dans les régions pluvieuses. Ces carreaux, généralement en grès cérame, offrent une résistance élevée à l’usure, au gel et aux taches, tout en présentant une surface légèrement rugueuse qui limite le risque de glissade. Ils se déclinent dans une large palette de formats, de teintes et d’imitations (pierre, bois, béton ciré), permettant d’harmoniser la terrasse avec l’architecture de la maison.
La pose de ce carrelage sur une terrasse surélevée en parpaing exige un support parfaitement plan, stable et étanche. On utilise généralement une colle ciment extérieure, classée C2S1 ou C2S2, spécifique pour les terrasses et balcons. Un double encollage est recommandé pour garantir un bon transfert de la colle et éviter les vides sous les carreaux, sources potentielles de fissuration ou de casse. Les joints, d’une largeur de 5 à 8 mm selon le format et les recommandations du fabricant, seront réalisés avec un mortier de jointement adapté aux conditions extérieures.
On veillera à conserver la pente de 1 à 2 % vers les évacuations et à prévoir un joint de désolidarisation périphérique le long des murs et des éléments fixes. Dans les zones de forte exposition au soleil, des joints de fractionnement intermédiaires peuvent être nécessaires pour limiter les effets de dilatation. Bien posé, un carrelage extérieur R11 apporte à la terrasse surélevée en parpaing un rendu haut de gamme, une grande facilité d’entretien et un confort d’usage au quotidien.
Évacuation des eaux pluviales et drainage périphérique
L’évacuation efficace des eaux pluviales est un enjeu majeur pour la pérennité d’une terrasse surélevée en parpaing. L’eau est l’ennemi silencieux des ouvrages maçonnés : si elle stagne, s’infiltre ou exerce des poussées hydrostatiques, elle finit toujours par trouver un chemin et créer des désordres. C’est pourquoi la conception de la terrasse doit intégrer dès l’origine un système cohérent de gestion des eaux : pente de surface, points bas, évacuations, gouttières éventuelles et drainage périphérique au pied des murs.
Sur la surface de la terrasse, la règle de base est simple : prévoir une pente minimale de 1 à 2 % vers l’extérieur ou vers un caniveau linéaire. Cette pente est intégrée dès la réalisation de la dalle de compression, puis reprise dans la pose du revêtement. Les eaux sont dirigées vers un ou plusieurs points d’évacuation reliés au réseau pluvial ou à un système de récupération. Des grilles de protection évitent l’engorgement des évacuations par les feuilles ou débris, et facilitent l’entretien régulier.
Au pied des murs de la terrasse surélevée, un drainage périphérique peut s’avérer indispensable, notamment lorsque l’ouvrage est enterré en partie, en contact avec un talus ou un remblai. On met alors en place un drain annulaire perforé, enveloppé dans un géotextile et entouré de gravier, qui recueille les eaux d’infiltration et les dirige vers un exutoire (regard, fossé, puits d’infiltration). Les parois enterrées peuvent en outre être protégées par une membrane bitumineuse ou un film drainant alvéolé, limitant le contact direct avec l’eau et les terres.
Il est également important de penser à la gestion des eaux ruisselant depuis la maison vers la terrasse, en prévoyant un seuil désolidarisé et éventuellement un caniveau devant les baies vitrées. Cette disposition évite que l’eau ne reflue vers l’intérieur en cas de forte pluie ou de vent. Enfin, un entretien régulier du système (nettoyage des grilles, vérification des regards, contrôle visuel après de gros orages) permet de s’assurer que la terrasse surélevée en parpaing reste parfaitement fonctionnelle et saine dans le temps. Une bonne gestion de l’eau, c’est la clé d’une structure qui traverse les années sans faiblir.